Perché sur une colline au nord de Fès, le Borj Nord domine la ville comme un gardien silencieux qui aurait tout vu, tout entendu, depuis plus de quatre siècles. La vue qu'il offre sur la médina est, tout simplement, à couper le souffle. Si vous visitez Fès pour la première fois et que vous cherchez un endroit qui mêle histoire, culture et panorama exceptionnel, vous venez de le trouver.
Le Borj Nord, c'est une ancienne forteresse du XVIe siècle reconvertie en musée des armes. Un site discret, souvent éclipsé par l'agitation de la médina, mais qui mérite vraiment le détour.

Tout commence en 1582. Le Borj Nord est érigé par le sultan saadien Ahmad al-Mansour, qui implante plusieurs forts munis de canons à des emplacements dominant la vieille ville, pour surveiller une population considérée comme agitée et prévenir les invasions ennemies.
Ce n'est pas un hasard si la forteresse ressemble, de loin, à quelque chose d'européen. Son plan s'inspire en effet de l'architecture des forteresses portugaises du XVIe siècle, avec un plan carré, quatre bastions en forme de fer de lance aux angles, et une terrasse conçue pour résister au poids et aux tirs des canons. Un bâtiment pensé pour faire peur, et qui y parvient encore aujourd'hui.
Le Borj Nord fait face à son jumeau, le Borj Sud, situé de l'autre côté de la ville. Deux forteresses jumelles, comme deux sentinelles qui encadrent Fès de part et d'autre.
Au fil des siècles, le Borj Nord change de rôle. Pendant le Protectorat français, il est utilisé comme caserne, puis comme prison. Pas vraiment une reconversion glorieuse. C'est en 1963 que le monument devient ce qu'il est aujourd'hui : le Musée national des Armes du Maroc.
Entrer dans le Borj Nord, c'est un peu remonter le temps à vitesse grand V. L'exposition compte plus d'un millier de pièces réparties à travers 15 salles, et la découverte commence dès l'entrée, avec deux fusils et deux sabres originaires du Sud du Maroc.
Les armes exposées datent de la préhistoire jusqu'à nos jours et sont présentées chronologiquement : pierres taillées, haches, hallebardes, piques, lances, sabres, épées, casques iraniens, selles ornées, fusils, pistolets, revolvers et canons de tous types. Un voyage à travers les âges, raconté par les armes.
Les fiches explicatives sont rédigées en français et en arabe, ce qui facilite vraiment la visite, surtout si vous venez avec des enfants curieux.
La star incontestée du musée ? Le canon en bronze « Sidi Mimoun », fabriqué au XVIe siècle, que vous trouverez à la sortie du musée. Impressionnant. Les enfants adorent.
C'est peut-être la raison numéro un de monter jusqu'ici. Il est conseillé de s'y rendre au coucher du soleil, lorsque la lumière chaude se projette sur la vieille ville et que la médina prend une teinte dorée difficile à oublier.
Contrairement aux terrasses bondées et un peu fabriquées que l'on trouve à Chefchaouen, le point de vue du Borj Nord offre quelque chose de plus brut, de plus authentique : une vue plongeante sur l'une des médinas les mieux préservées au monde.
La photographie est interdite à l'intérieur du musée, mais depuis les remparts, vous pouvez sortir votre appareil sans restriction. Préparez la carte mémoire.
Horaires : Le Borj Nord est ouvert tous les jours, sauf le mardi. Il y a également une fermeture à midi, pensez-y si vous planifiez votre visite en milieu de journée. Pendant le Ramadan, les horaires d'ouverture peuvent être modifiés. Renseignez-vous auprès de votre hébergement avant de faire le déplacement.
Tarif : Comptez 10 dirhams pour un adulte et 3 dirhams pour les jeunes de moins de 15 ans. Difficile de faire moins cher pour autant de contenu.
Comment y aller : Pour y accéder, le plus simple est de prendre un petit taxi depuis la médina. La colline est un peu longue à gravir à pied par forte chaleur. Comptez une visite d'environ une heure à une heure et demie, musée et panorama compris.
Quand y aller ? Si vous ne devez retenir qu'un seul conseil, c'est celui-là : montez au Borj Nord en fin d'après-midi. La lumière dorée sur les toits de Fès el-Bali, c'est le genre de souvenir qu'on ne range pas dans un tiroir.
Guide ou visite en autonomie ? Le musée est parfaitement balisé et les fiches sont en français. Vous n'avez pas besoin d'un guide pour en profiter pleinement. Si on vous propose les services d'un "guide officiel" à l'entrée, sachez que ce n'est pas obligatoire. Restez souriant, soyez ferme, et profitez.
Pour les familles : c'est une visite idéale. Les enfants sont souvent captivés par les armures, les sabres et surtout le canon géant. Prévoyez de l'eau et un en-cas, surtout en été.
Une fois redescendu de la forteresse, Fès vous tend les bras. Voici six endroits à ne pas manquer, tous accessibles facilement depuis le Borj Nord.
Les Tombeaux des Mérinides : Perchés sur la colline voisine, ces mausolées du XIVe siècle sont en grande partie en ruines, mais c'est justement ce qui leur donne tout leur charme. La vue panoramique sur Fès el-Bali depuis ce point est l'une des plus belles de la ville. Comptez dix minutes à pied depuis le Borj Nord, et allez-y au coucher du soleil si vous le pouvez.
La Médersa Bou Inania : C'est l'une des plus belles écoles coraniques du Maroc, fondée au XIVe siècle par les Mérinides. Ses zelliges, ses moucharabiehs et ses stucs sculptés sont d'une finesse qui laisse sans voix. L'une des rares médersas accessibles aux non-musulmans à Fès, un privilège à ne pas bouder.
La Tannerie Chouara : Impossible de passer à Fès sans voir les tanneurs à l'oeuvre. Les bassins de teinture colorés, visibles depuis les terrasses des boutiques alentour, forment un spectacle unique au monde. Un conseil : acceptez les feuilles de menthe que l'on vous proposera à l'entrée, l'odeur est... disons, mémorable.
Bab Boujloud : C'est la porte d'entrée emblématique de la médina, habillée de zelliges bleus côté médina et verts côté ville. Construite en 1913, elle est devenue le symbole de Fès. C'est aussi le meilleur point de départ pour plonger dans les ruelles de Fès el-Bali, carte en main ou smartphone levé.
Le Musée Dar Batha : Installé dans un ancien palais andalou du XIXe siècle, ce musée abrite une belle collection d'arts et traditions de la région de Fès. Poteries, broderies, bois sculptés, instruments de musique... Une belle introduction à l'artisanat fassî, dans un cadre particulièrement soigné.
Le Jardin Jnan Sbil : Pour souffler un peu après toute cette histoire, ce jardin public situé à deux pas de Bab Boujloud est une vraie bouffée d'air frais. Palmiers, bassins, fontaines... Les enfants adorent, et les parents aussi. L'entrée est gratuite.
Le Borj Nord, c'est l'un de ces endroits que l'on découvre un peu par hasard et dont on repart avec plein de photos et une belle satisfaction. Pas de foule, pas de pression, une histoire dense, une vue imprenable. Que vous soyez passionné d'histoire, amateur de belles photos ou simplement en quête d'un souffle d'air frais loin de l'animation de la médina, ce site coche toutes les cases.
C'est, sans hésiter, l'une des visites les plus honnêtes de Fès : peu chère, bien mise en valeur, et franchement mémorable. Ne passez pas à côté.
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